La Maîtrise de la Cathédrale des origines à 1961.

sainte reparate niceLa Maîtrise de la Cathédrale est née il y a 118 ans. En 1896, Mgr Chapon confiait à l’abbé Carlavan, vicaire à Sainte-Réparate, la mission de fonder une schola dans le but d’assurer le chant des offices à la cathédrale. A cette schola ne devaient participer que des voix d’hommes et des voix d’enfants. Le recrutement ne lut pas facile, on trouva d’abord les éléments du choeur à l’école des Frères de la Doctrine chrétienne auxquels se joignirent, en 1905, des éléments du petit séminaire.

En 1910, l’abbé Roux, diacre, fut attaché officiellement par Monseigneur l’Evêque à la Maîtrise en tant qu’organiste et accompagnateur. Ordonné prêtre en 1911, l’abbé Roux allait fructueusement participer avec Mgr Carlavan à un travail assidu et délicat qui devait porter la Maîtrise vers les plus hauts sommets.
Non seulement, à l’époque, la nouvelle Maîtrise chantait tous les dimanches et jours de fêtes la grand-messe et les vêpres, y exécutait le grégorien et la polyphonie, mais encore allait interpréter des oeuvres qui contribuèrent à rehausser son prestige d’un éclat mérité avec notamment :

  • Les Sept Paroles du Christ en Croix, de Théodore Dubois;
  • Rédemption, de Charles Gounod ;
  • Requiem, de Gabriel Fauré;
  • Le Messie, de Haendel ;
  • L’Oratorio Rebecca, de César Franck;
  • Le Stabat Mater, de Pergolese ;
  • La Messe de Sainte-Cécile, de Charles Gounod ;
  • La Messe de Pâques, de Samuel Rousseau.

La renommée de la Maîtrise va grandissant ; en 1917 elle reçoit une lettre d’encouragement du pape Benoît XV, entre temps les lettres élogieuses arrivent de tous côtés ( Mme Gounod, abbé Fremond, Louis Vierne qui vient inaugurer le grand orgue en 1900, adresse à la Maîtrise un Ave Maria et un Tantum de sa composition).
Mais la guerre arrive. A la Maîtrise sera confié le soin de chanter deuils et espérances de la cité (Requiem pour la Belgique, Te Deum).

En 1922, M. Carlavan célèbre ses noces d’argent de maître de Chapelle et les vingt-cinq ans de la Maîtrise. Fatigué, il présente, en 1924, sa démission à mgr Ricard,
Cette même année, M. l’abbé Roux est appelé à succéder au chanoine Carlavan. Encouragé par Mgr Perruchot, maître de Chapelle de la cathédrale de Monaco, l’abbé Roux se met au travail. Comme si la Maîtrise ne lui suffisait pas, il crée deux nouvelles chorales, la Schola palestrinienne à voix égales de femmes et l’Alauda : chorale des chefs scouts du département.

En 1932, de nouvelles difficultés apparaissent, l’école Vianey, avenue Pauliani, qui fournissait l’essentiel de ses effectifs à la Maîtrise est transférée à Cannes. Où va-t-on recruter les chanteurs ? Grâce à l’aide efficace et spontanée de l’Association des Aunis de la Maîtrise, créée en 1926, qui prendra en charge une part des frais de leur scolarité, une trentaine d’élèves de l’école Sasserno apporteront leur concours à la Maîtrise et la maintiendront à un niveau honorable.

En 1933, l’abbé Roux est nommé chanoine honoraire, en 1940, chanoine titulaire du vénérable chapitre de la cathédrale SainteRéparate, mais la guerre arrive et l’on doit faire face à de très sérieuses difficultés de recrutement. Pour sauver I’oeuvre entreprise, fruit de cinquante années de labeur, le chanoine Roux va se tourner vers la formule du choeur mixte à voix de femmes et d’hommes.

sainte reparate niceLe 30 janvier 1947, meurt le chanoine Carlavan, précurseur et créateur; son exemple ne pourra qu’encourager la nouvelle Maîtrise à repartir sur de nouvelles bases et essayer de faire encore mieux. Le 23 novembre seront célébrées les festivités du cinquantenaire. Le chanoine Roux, contre vents et marées avait réussi l’impossible, il devait célébrer sou jubilé d’or de prêtre musicien en 1961. A cette occasion, le pape Jean XXIII l’élève à la dignité de prélat de Sa Sainteté, pour le récompenser des services rendus à l’église et à la musique sacrée.

Epuisé par toutes ces luttes et par les difficultés toujours plus grandes, Mgr Roux, âgé et fatigué, renonce à l’écrasante charge de maître de Chapelle et remet sa démission à mgr Paul Rémond.
L’oeuvre de Mgr Roux est considérable, continuant le travail du chanoine Carlavan, embellissant son héritage. Cela a été sensible par le choix judicieux d’oeuvres magistralement interprétées et de haute tenue; que ce soit Le Messie de Hændel, Le Requiem de Fauré, sans parler d’émissions radio hautement appréciées par les mélomanes,
Mgr Roux s’est attaché à appliquer la réforme liturgique promulguée dans le Motu Proprio de Sa Sainteté Pie X, en 1903. Il saura faire sortir de l’ombre le chant grégorien et imposer une musique sacrée de qualité. Son oeuvre de compositeur est loin d’être négligeable, messes, motets, pièces d’orgue, dont la facture résiste à l’épreuve du temps.